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La marche athlétique court à sa perte - Commentaire et propositions
dimanche 20 novembre 2005, par Alain Moulinet

LA MARCHE ATHLETIQUE COURT A SA PERTE

C'est bien connu, il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut rien voir.

Lors des retransmissions télévisées des épreuves de marche aux derniers championnats du monde d'Helsinki, les commentaires des journalistes ont involontairement mis en exergue l'absurdité du règlement actuel de la marche athlétique. Pour justifier le fait qu'au ralenti on voyait le vainqueur du 20km marche en suspension, il a été dit "cette absence de contact avec le sol n'étant pas visible à l'oeil nu par les juges, sa marche est tout à fait valable". Autrement dit "pas vu, pas pris". Avec un tel raisonnement, pourquoi aussi ne pas justifier un champion du monde de marathon qui prendrait le métro sur une partie du parcours, sans se faire voir...

Les juges de marche seront-ils les derniers indiens à communiquer avec des ronds de fumée ? Toujours est-il, que de se fourvoyer dans un règlement si anachronique n'est pas un service à rendre à la marche athlétique. La difficulté à juger de la régularité des épreuves de marche a toujours été l'argument principal de ses détracteurs.

Déjà en 1924, après de multiples incidents suite à des décisions contestées des juges aux Jeux Olympiques de Paris, la Fédération Internationale d'Athlétisme décidait de supprimer la marche du programme de ses épreuves. Il n'y eut pas de marche en 1928 aux Jeux Olympiques d'Amsterdam et il fallut toute la passion et la persévérance de dirigeants comme Emile ANTHOINE, pour introduire une épreuve de 50km aux Jeux de Los Angeles en 1932.

Dans une période plus récente aux Jeux de Montréal en 1976, sous prétexte de lutter contre le gigantisme des Jeux Olympiques, la seule épreuve que l'on supprima en athlétisme fut le 50km marche ! Là encore il fallut de nombreuses protestations pour rétablir cette épreuve aux Jeux de Moscou en 1980.

Cet argument du gigantisme vient de resurgir dans une réunion du CIO de cet été visant à revoir le programme olympique, et comme de bien entendu les épreuves de marche étaient dans le collimateur.

On a beau être passionné, il faut être réaliste. La règle du « pas vu, pas pris » est tout simplement débile, et ce n'est pas en persistant dans cette voie que la marche augmentera sa côte de popularité qui est déjà bien basse, et c'est un euphémisme.

Pour redonner à la marche athlétique ses lettres de noblesse, il faut revenir à l'essentiel : « la marche athlétique est une progression pas à pas de telle façon qu'un contact ininterrompu soit maintenu avec le sol ».

Un seul principe simple et compréhensible pour tout le monde, et pour le faire appliquer deux règles incontournables :

- la seule perte du contact au sol est répréhensible , et avant toute sanction les juges doivent s'en assurer à l'aide de la vidéo ;
- les distances des compétitions doivent être adaptées au mouvement de la marche.

UN JUGEMENT ASSISTE PAR VIDEO

La marche athlétique a toujours souffert de l'aspect aléatoire du jugement humain. Les outils modernes de communication nous offrent une opportunité pour mettre enfin un terme à toutes ces querelles qui ont éternellement jeté la suspicion sur la régularité de nos épreuves. Refuser ce recours systématique à la vidéo en prétextant un manque de moyens ne tient plus. La vulgarisation et la miniaturisation des procédés vidéos facilitent aujourd'hui leur utilisation à tous les niveaux d'épreuves. En cyclisme par exemple, le jugement de l'arrivée de la moindre épreuve minimes se fait à l'aide de la vidéo.

Cet outil de jugement ne doit plus laisser la place à l'arbitraire, et nous permet maintenant de ne sanctionner qu'une seule faute : la suspension.

Le principe de la jambe tendue est trop subjectif pour être jugé et pas toujours approprié. La jambe tendue n'est qu'une nécessité technique pour la « marche de vitesse », et cette tension peut varier en fonction des morphologies et des styles de marche, sans pour autant entraîner une suspension.

Ce point de règlement est à la source de décisions absurdes. On ne sanctionne plus aujourd'hui la marche en suspension jambes tendues que je qualifierai d'artificielle, mais en revanche on va disqualifier un marcheur au style naturel, c'est à dire une attaque du sol avec une jambe légèrement fléchie mais avec un contact permanent indiscutable.

Cette situation très dommageable pour la crédibilité des épreuves de marche athlétique a pour unique raison des distances trop courtes, qui autorisent des vitesses incompatibles avec le mouvement de la marche.

L'ALLONGEMENT DES DISTANCES

Dans une interview accordée au magazine « SPORT & VIE » de mars - avril 2005, le multiple champion du monde et olympique Robert KORZENIOWSKI (POL) reconnaît qu'il est très difficile de conserver le contact au sol au delà de 14,500 km/heure. Il explique aussi que des tests sur tapis roulant ont démontré l'impossibilité de maintenir un contact avec le sol, même un bref instant, à plus de 16km/heure. Or sur tapis roulant, l'effort pour atteindre cette vitesse est beaucoup moins important que dans la réalité, du fait de l'absence de la poussée à exercer.

Les kinogrammes réalisés lors du 20 km des championnats d'Europe de Rome en 1974, de deux icônes de la marche des années 70, GOLUBNICHY (RUS) 1er en 1h29'30 et de KANNENBERG (RFA) 2ème en 1h29'38, montrent bien sur les photos 7 & 16 toute la difficulté à maintenir un contact avec le sol, et la vitesse moyenne « n'est que de 13,400km/heure ».

Kinogramme Marche Athlétique - 596.5 ko
Kinogramme Marche Athlétique
(JPEG, 596.5 ko)

Autant dire qu'il n'est plus possible aujourd'hui de conquérir un titre sur 20km sans « courir jambes tendues » et sur 50km on en est pas loin (près de 14km/heure de moyenne).

Sans aller jusqu'au raisonnement simpliste qui consisterait à déterminer cette distance au point précis où la marche deviendrait plus efficace que la course (l'efficacité chronométrique n'étant qu'un critère parmi beaucoup d'autres de l'intérêt d'une activité sportive), il convient cependant de retenir un kilométrage suffisamment important pour que le mouvement de la marche soit compatible avec les vitesses qui pourraient y être atteintes.

En réaction aux images télévisées en 1968 (déjà à cette époque !) de l'arrivée du 20km marche des Jeux Olympiques de Mexico, où le mexicain PEDRAZA était venu « mourir » sur le russe GOLUBNICHY et arracher une médaille d'argent dans un style peu orthodoxe , le plus infatigable des apôtres de la marche Emile ANTHOINE, comme une dernière volonté testamentaire, écrivait dans le recueil « MARCHE 69 » paru juste avant sa mort « la marche de vitesse est un non sens, et qu'il est urgent de supprimer l'épreuve du 20km pour la remplacer par un 100km ».

Aujourd'hui, la meilleure performance mondiale sur 100km est détenue par le hongrois Viktor GINKO en 8h36', ce qui représente une moyenne de 11.627 km/h. Nul doute que si toute l'élite mondiale de la marche athlétique se spécialise sur cette distance, cette meilleure performance s'approcherait rapidement des 8h, mais la moyenne horaire (12.500km/h) resterait compatible et bien en deçà de cette frontière « marche - course » incontournable des 14km/h (7h9' sur 100km).

L'officialisation de cette unique distance pour tous les grands championnats faciliterait la reconnaissance par le grand public de la marche athlétique. La logique serait respectée dans le sens où la distance pratiquée par les marcheurs serait nettement supérieure à celle du marathon pour les coureurs. Le jugement serait aussi facilité, car la suspension est une faute technique très visible à une vitesse inférieure à 12km/heure, et en cas de doute l'épreuve est suffisamment longue pour s'en assurer à la vidéo.

Le succès d'une activité sportive repose essentiellement sur l'exemple donné par son élite. Le 100km marche aux Jeux Olympiques pourrait enfin permettre d'exprimer toute la quintessence de la marche athlétique et susciter des vocations.

Cette distance doit être la même pour les deux sexes, et il serait judicieux pour l'intérêt médiatique de les regrouper dans une seule épreuve tout en conservant les deux titres. Car les performances réalisées par les deux premières féminines du dernier CHALONS-COLMAR : MESMOUDI Anne Marie (FRA) 291KM500 en 35h20 et POUNTINTSEVA IRINA (RUS) 35H51, 8.250km/h et 8.131km/h respectivement, moyennes très nettement supérieures à celle du premier homme sur PARIS-COLMAR, Grzegorz-Adam URBANOWSKI (POL) 440KM en 55h00 8.000km/h, certes sur une distance inférieure de 150km ; mais sur ce même CHALONS-COLMAR qui sert de tremplin aux futurs prétendants à la victoire sur l'épreuve reine, seul le premier homme a fait mieux et de très peu, Alain COSTILS (FRA) 35h01, 8.325km/h. Ces performances donc, laissent à penser que le jour n'est plus très loin où les femmes seront l'égal des hommes dans le sport, ou tout au moins dans les disciplines où l'endurance est prédominante comme la marche athlétique.

Quant aux enfants, il convient de les préparer à cette distance des 100KM, et pour cela il serait bon de s'inspirer de celles pratiquées en cyclisme dans les jeunes catégories. En effet, l'effort de la marche s'apparente plus à celui du cyclisme que de la course à pieds. La marche comme le cyclisme sont des sports « portés », à l'inverse de la course à pieds où nous devons élever notre poids pour nous déplacer. Certes en marche ce sont nos jambes qui nous portent, et ce même en descente où en cyclisme le vélo nous « transporte », mais l'effort d'endurance de la marche se rapproche davantage du cyclisme que de la course à pieds, dans le sens où il peut être prolongé sans problème physiologique sur des durées très longues (la course à pieds, du fait de la suspension et des traumatismes à la réception au sol qui s'en suivent, n'est pas appropriée sur les longues distances) .

Le 100KM marche en durée d'efforts serait équivalent aux épreuves des championnats mondiaux de cyclisme sur route, et le rapport en distance est grosso modo de 1 pour 3, c'est à dire 100KM pour 300KM. En retenant ce principe, on arrive à des distances de 10KM pour les minimes, 20KM pour les cadets, 30KM pour les juniors et 50KM pour les espoirs.

Enfin, pour les épreuves populaires là aussi, il serait bon de s'inspirer du cyclisme en développant les « randos sportives », sans titres ou performances chronométriques au bout, mais dans un esprit ludique et d'approche de la compétition pour ceux qui le souhaitent, et sur des distances moindres pour faciliter la pratique sportive du plus grand nombre.

****

Pour conclure, bien évidemment ce ne sont que des pistes de réflexion pour amorcer un débat constructif qui est toujours source de progrès. Cependant une seule chose est certaine, la marche athlétique ne peut se dispenser de réformes salvatrices, car continuer à faire la politique de l'autruche, c'est laisser la marche courir à sa perte !

ALAIN MOULINET
Champion de France des 100KM marche et meilleure performance française 1977 (9h27'35) et 1978 (9h27'02)
Champion Midi-Pyrénées de marathon 1985 (2h30'49)


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